Au centre, une grande villa neuve,en pierres grises, avec terrasse, pièce d’eau et parterres non encore fleuris.

Plus loin, les ébauches d’autresvillas : quelques pans de mur surgissant du sol et dessinant déjà lespièces…

Il manquait des vitres au kiosque.Des tas de sable attendaient d’être étalés sur la nouvelle route, qu’un rouleaucompresseur barrait à moitié. Au sommet de la falaise, un hôtel, ou plutôt unfutur hôtel, inachevé, aux murs d’un blanc cru, aux fenêtres closes à l’aide deplanches et de carton.

Maigret s’avança tranquillement,poussa la barrière donnant accès à la villa du docteur Michoux. Quand il futsur le seuil et qu’il tendit la main vers le bouton de la porte, l’inspecteurLeroy murmura :

— Nous n’avons pas demandat !… Ne croyez-vous pas que…

Une fois de plus, son chef haussales épaules. Dans les allées, on voyait les traces profondes laissées par lespattes du chien jaune. Il y avait d’autres empreintes : celle de piedsénormes, chaussés de souliers à clous. Du quarante-six pour le moins !

Le bouton tourna. La porte s’ouvritcomme par enchantement et l’on put relever sur le tapis les mêmes tracesboueuses : celles du chien et des fameux souliers.

La villa, d’une architecturecompliquée, était meublée d’une façon prétentieuse. Ce n’était partout querecoins, avec des divans, des bibliothèques basses, des lits clos bretonstransformés en vitrines, des petites tables turques ou chinoises. Beaucoup detapis, de tentures !

La volonté manifeste de réaliser,avec de vieilles choses, un ensemble rustico-moderne.

Quelques paysages bretons. Des nussignés, dédicacés : Au bon ami Michoux… Voire : A l’ami desartistes…

Le commissaire regardait cebric-à-brac d’un air grognon, tandis que l’inspecteur Leroy n’était pas sans selaisser impressionner par cette fausse distinction.



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